55è Sommet de la CEDEAO : Au menu le Mali, l’Eco, et les élections présidentielles 2020

Un sommet important, un signal fort quand à la suite de la dynamique de la CEDEAO, c’est ce que retiennent beaucoup d’observateurs présents à Niamey pour ce 55è sommet de la CEDEAO. Au menu des échanges, l’avancée démocratique dans la sous région, la situation au Mali, et surtout la nouvelle monnaie régionale, l’Eco.

Report de la mise en oeuvre de la nouvelle monnaie ECO

Pour le président Nigérian Buhari, les Etats membres ne sont pas encore prêts pour lancer la mise en circulation de la nouvelle monnaie, dans les mois à venir comme le souhaitait le président ivoirien Alassane Ouattara. Beaucoup encore reste à faire, afin d’harmoniser les politiques économiques et monétaires de la région. Et il faut aussi considérer les retards causés par la pandémie sur les dynamiques nationales de chaque pays. Une vision partagée, qui a finalement poussé les chefs d’Etats à reporter l’échéance de mise en circulation de la nouvelle monnaie à 3 voire 5 ans. Le nouveau chronogramme nous renvoie donc à 2023 ou 2025 pour plus de précaution.

Le Mali dans l’urgence

Les Chefs d’Etats de la CEDEAO ont clairement affiché leur volonté de voir la junte militaire au Mali passer le flambeau à un pouvoir civil dans les plus brefs délais. Ils enjoignent l’armée de céder le pouvoir civil de transition à compter du 15 septembre 2020, soit dans une semaine. Une échéance difficilement envisageable selon notre correspondant sur place à Bamako, vu les engagements aussi pris par la junte face à la population. Mais tout est possible.

La question du respect des constitution

Une fois de plus le président Buhari, du Nigéria est monté au créneau dans son adresse pour demander aux chefs d’Etat en fin de mandat constitutionnel, de ne pas forcer et violer les textes régissant leur système, pour se maintenir au pouvoir. « Je nous exhorte tous à résister à la tentation de chercher à nous perpétuer au pouvoir au-delà des dispositions constitutionnelles », a déclaré le président nigérian, Muhammadu Buhari. Pour le dirigeant nigérian, ces tentatives sont susceptibles de plonger la sous-région dans l’instabilité à un moment où elle fait face à d’importants défis sociaux-économiques. « Il est important qu’en tant que dirigeants de nos États membres individuels de la CEDEAO, nous devions adhérer aux dispositions constitutionnelles de nos pays, en particulier sur la durée du mandat. C’est un domaine qui génère des crises et des tensions politiques dans notre sous-région. Dans l’état actuel des choses, les défis auxquels la sous-région est confrontée sont énormes ; des questions socio-économiques aux questions de sécurité, la sous-région de la CEDEAO ne peut donc pas se permettre une autre crise politique », a insisté Muhammadu Buhari.

Cette année, des élections présidentielles et parlementaires se tiennent dans plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine, au nombre desquels figurent le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée et le Niger.

Stéphane SOUMAHORO




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