Jeunesse et emploi, l’équation du siècle

Six (6) mois après le médiatique 6è sommet Union Africaine, Union Européenne tenu en Côte d’Ivoire, les perspectives relatives à la question des Jeunes sur le continent africain est des plus inquiétantes. On s’attendait sans doute  à voir des coups d’accélérateurs dans certains domaines critiques, des plans d’urgences. Mais l’on est encore bien loin. L’euphorie des grands projets et des grandes promesses est quelque peu retombée, place aux réalités si bien ancrées sur le continent, berceau de l’humanité.

Une récente étude fait ressortir que le continent africain en avril 2018 présente un taux de chômage chez les jeunes à hauteur de 80%. Sur 100 jeunes en âge de travailler, seulement 20 ont cet immense privilège. C’est dire que sur 100 jeunes, environ 80 sont sans emploi. Un chiffre alarmant quand on sait l’impact d’un tel phénomène sur le développement des économies nationales.

Des jeunes livrés à eux-mêmes. En Côte d’Ivoire par exemple, les grands chantiers de travaux publics initiés étaient des solutions pour résorber ce fort taux de chômage jeune. Mais à l’épreuve du terrain, on se rend bien compte de l’évidence. Ces emplois ne sont que temporaires et après ces jeunes se retrouvent sans emploi. Les faibles revenus économisés sont insuffisants pour lancer leur propre affaire, et s’auto-employer.

 

L’entrepreneuriat, cette trouvaille du nouveau siècle

L’entrepreneuriat, la clé magique pour répondre à la montée du chômage jeune. Les récentes études menées au plan national en Côte d’Ivoire fait état de 43% du taux de pauvreté, et de 41% du taux d’alphabétisation. Soit 59% des ivoiriens sont encore analphabètes, ne savent ni lire, ni écrire. D’où l’importance du renforcement du système éducatif.

 

Quel système éducatif pour répondre aux exigences de demain ?

A l’aube des indépendances, les premiers dirigeants avaient misés sur l’éducation et la formation de cadres pour l’administration publique. Le système éducatif était donc généraliste, et visait à former que du personnel pour étoffer les administrations publiques. Des décennies plus tard, les enjeux sont tout autres. La fonction publique n’est plus en mesure d’accueillir tout ce flux de personnes. Où les réorienter ? La formation et l’éducation dispensées ne répondent pas aux exigences du privé. Inadéquation formation – Emploi. Chaque matin on voit de nombreuses publications d’offres d’emploi dans le privé. Mais ironie du sort, le nombre de chômeurs augmentent.

 

Des initiatives sont prises dans ce sens, des homologations de formation sont en cours, le secteur privé s’implique peu à peu dans l’orientation et la formation, en définissant ses besoins à moyen, et long terme. Mais le chemin est encore long.

 

D’ici là, les Etats paient cash

Un salarié, paie des impôts à l’Etat. Donc sur 100 jeunes en état de travailler, s’il n’y a que 20 qui travaillent, cela veut dire que les 80 autres qui ne travaillent pas ne paient pas d’impôts. Un gros manque à gagner pour l’Etat, qui doit pourtant compter ces 80 personnes dans les prises en charges de santé, de projets sociaux et autres. Ces personnes inactives sont un danger latent pour la société. Elles vont développer certains ressentiments et comportements par désespoir qui peuvent s’avérer néfastes par la suite. Sans espoir, sans visibilité sur leur avenir, elles sont la proie au gain facile.




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